Comme pour toutes les régions situées dans la bande saharienne, l'évolution climatique a eu une forte influence sur le cours du Nil, dont seules des « terrasses » hors d'atteinte des crues pouvaient être habitées en permanence. Sur les terres basses, le limon annuel apporté par une irrigation naturelle a favorisé l'agriculture. Les populations d'origine locale ont subi les influences venues de l'Est (blé, orge, lin) et de l'Ouest, où le désert, qui était alors une immense savane, permettait l'élevage de chèvres, de moutons et de porcs. Des coquillages de la mer Rouge, des perles d'amazonite (feldspath vert) et des turquoises du Sinaï témoignent d'un commerce à longue distance qui peut expliquer l'apparition du Badarien.
Les habitations, petites et ovales, et à l'allure de cases, sont construites en terre séchée faite du limon du fleuve, et liée par une structure de branchages. Elles sont flanquées de silos creusés dans le sol. Les défunts sont inhumés dans des nécropoles à l'extérieur des villages, entourés de nattes et la tête orientée vers le soleil couchant. Un riche mobilier funéraire les accompagne, dont des statuettes féminines présentant les bras levés, décorées d'ocre rouge (symbole de vie dans tout le Sahara septentrional), de petits objets en ivoire ou en os, ainsi que des palettes rectangulaires en schiste, et des objets en bois, dont certains en forme de boomerang. Une belle poterie brun-rouge, incisée de motifs végétaux stylisés meublait également les tombes. Les sépultures de Haute-Égypte présentent une société plus hiérarchisée qu'en Basse-Égypte où l'unité familiale prédomine.
